Harley-Davidson FLRT Freewheeler : rencontre du 3e type

Après l’essai du nouveau Can-Am Ryker, un 3-roues en « Y » assez rigolo à conduire, nous poursuivons dans « le bizarre » avec le Harley-Davidson Freewheeler. Accessible aux permis B, ce trike – plus classique avec sa fourche de moto – ne manque pas de charme. Difficile de ne pas y succomber ! Explications.

Dans le monde de la moto, les 3-roues sont souvent raillés, pour ne pas dire franchement vilipendés. Il n’y a qu’à lire les commentaires lâchés sur motomag.com lors d’essais de ces machines avec « une roue de trop… » Des commentaires qui souvent, pour ne pas dire tout le temps, émanent de personnes qui n’ont jamais essayé de 3-roues. Pour comprendre et apprécier leur conduite, il faut commencer par cesser de le comparer à une moto. Simple non ? C’est donc avec l’esprit ouvert que j’ai pris possession du nouveau trike Harley-Davidson, le Freewheeler, équipé du nouveau moteur Milwaukee-Eight 114 ci.

Surprenante prise en main
Un engin qui, posé sur ses trois points d’appui impressionne par sa présence… Manoël Bonn, responsable marketing de la marque me lance : « Axel, tu verras, c’est déroutant au début, mais après quelques kilomètres, tu vas te marrer ! » Bon, yapuka comme on dit…
Posé sur la machine, comme sur une Harley classique genre Road King, pieds en avant, mains posées sur un large guidon qui revient en arrière, on retrouve une position super relax qui met en confiance. La mise en route du bicylindre culbuté met en vibrations le Freewheeler, et me voilà parti dans le claquement sec de la première vitesse.ADVERTISING

Déroutant
Ouh là là ! Le premier virage dans le parking de Harley-Davidson est déjà déroutant ! Ça tourne « droit » et l’effort à accomplir au guidon est important. Compte tenu des particularités liées à la singularité technique de l’engin, mieux vaut rester prudent sur les premiers kilomètres. Quand une roue arrière passe un obstacle (dos d’âne, malformation de la route, etc.), la direction s’oriente du côté de la roue arrière perturbée… Pas rassurant au début, mais on finit par s’y habituer et on laisse la direction faire. C’est peut-être pour cela que le Freewheeler est équipé d’un maous amortisseur de direction…

Ceci n’est pas une moto
Avec la confiance qui s’installe, je commence à chahuter un peu l’engin, histoire de voir les réactions dynamiques. Finalement, se mouvoir en Freewheeler est une expérience amusante et dynamique ! Dans les entrées en courbe, on braque du côté du virage (alors qu’en moto on contrebraque…), les cuisses serrées sur le réservoir et le buste penché à l’intérieur du virage. Le résultat ne se fait pas attendre : l’engin tourne du côté voulu, tandis que votre buste se déporte à l’opposé (avec la force centrifuge). Il vire à plat et le différentiel fait le reste pour que tout l’équipage reste sur la bonne trajectoire… Absolument rien à voir avec la moto donc, et c’est cela qui est fun ! On passe son temps à se battre « contre » le Freewheeler pour le faire aller là où l’on veut. Heureusement, les assistances veillent au grain, histoire de ne pas mettre la cabane sur le chien… Mais en insistant (j’avoue, j’ai tout tenté), la roue intérieure du virage est parvenue à quitter le sol un instant. Un seul bémol, au bout d’un moment la direction se fait lourde dans les bras (il n’y a là pas d’assistance) avec ce train avant classique de moto.

Un certain poids
Côté moteur, RAS. On connaît bien ce bloc, il sait donner de sa personne bien que le poids (507 kg !) ne favorise pas ses performances. Mais dans l’ensemble, le Freewheeler accélère franchement, et tout dépassement devient une simple formalité. Quant au freinage, doté de l’ABS et d’un système de couplage intégral avant/arrière, il s’est montré impeccable pour stopper la masse en mouvement. 
Mais il y a un point sur lequel tout le monde attend le Freewheeler : sa capacité à se mouvoir dans la circulation urbaine. Avec sa largeur de 125 cm, il n’est pas trop handicapant, sauf quand le trafic est quasi à l’arrêt. Il reste possible de se faufiler entre les véhicules dès que la circulation est en mouvement sur autoroutes. Il faut juste garder à l’esprit que derrière vous, il y a deux autres roues ! Pour exploiter au mieux la machine, le meilleur environnement reste les routes dégagées pour ne pas subir le gabarit « en triangle » de ce Harley atypique…

Verdict 
Surprenant au début, amusant ensuite, convaincant à la fin. 
Le Freewheeler est une machine sympa et avec les qualités de grand tourisme que l’on attendait d’une Harley-Davidson. Solo, duo, route, voire autoroute, il sait tout bien faire et en plus, il attire la sympathie de tout ceux qui vous croisent ! Reste le prix qui débute à 30 850 €. Ça pique les yeux… Le Freewheeler est aussi une manière de rouler HD avec un permis B (+ formation de 7 heures) et constitue une alternative intéressante pour ceux qui ne peuvent plus manipuler une moto lourde. Franchement, il peut plaire aussi aux motards, parole !

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